Préface : Gilbert Prouteau.

 

La nouvelle est un art très ancien. Elle a pris sa source dans une veillée «raconte Grand’mère»: moitié larmes, moitié sourire – «Et la bonne vieille de dire»…

La tradition s’implante et quitte la table de famille pour l’écritoire du romancier.

Elle évolue au fil des siècles, épouse différentes formes de «souvenirs» et de «moralités».

Avant d’aborder le «digest» du récit, elle va connaître ses premières lettres de noblesse à Athènes, à Rome, avant de mûrir une tradition médiévale pour s’épanouir au XIXème siècle dans une tradition qui oscille du conte au roman.

La nouvelle n’est pas un conte étiré ni un roman condensé. C’est une mesure entre le conte et le roman.

Cet art lyrique va enfanter une floraison classique.

Il associe le condensé au récit, les couleurs du roman aux enchantements millénaires du conte.

Les générations de « nouvellistes » foisonnent au fil des siècles pour s’épanouir avec le roman moderne:

de Maupassant à Céline,

de Giono à Marcel Proust,

de Mérimée à Balzac,…

 

Bernard Brunelière effectue une entrée discrète dans ce monde millénaire.

Il a le don de rendre sensibles les paysages et les personnages, l’art de peindre un décor et de hausser le fait divers aux couleurs de la dramaturgie.

«La nouvelle est un art hybride, dit Thierry Maulnier, à mi-chemin entre la fontaine du conte et le fleuve du roman.»

Elle a aussi pour vocation de faire regretter son exiguïté et invite le lecteur à prolonger ses couleurs.

Elle amorce un songe qui se poursuit et se prolonge dans la mémoire du cœur. Cet art de prélude a suscité des œuvres de génie: de Musset à Faulkner, de Mark Twain à Edgar Poe et tant d’autres.

Bernard Brunelière effectue une entrée remarquée dans un monde qui s’ouvre aux « contes et nouvelles », un art de conteur qui a mûri au soleil de la diversité.